Critiques littéraires

La Nuit des Temps, René Barjavel

J’en avais entendu parler depuis un certain temps et j’ai sauté le pas. Je voulais tester de la SF française et je n’ai pas été déçu… mais surpris! Je ne m’attendais pas vraiment à tomber sur une sorte de Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, ou finalement sur une histoire d’amour compliquée, de l’espace!

L’histoire se passe en Antartique. Un groupe de chercheurs détecte un signal provenant des profondeurs de la glace. Leur découverte va dépasser tout ce à quoi ils s’attendaient: une civilisation vieille de 900000 ans! Le groupe va progresser de découverte en découverte, sous les regards du monde entier grâce à la présence de caméras sur place, jusqu’à celle qui aura l’effet d’une bombe: un homme et une femme maintenus en vie grâce à un appareillage inconnu. Pendant la deuxième moitié du roman, grâce à la technologie avancée utilisée par les chercheurs, on en saura plus sur le passé des deux personnages.

L’un des chefs de la mission, un docteur, tombe progressivement amoureux de la femme. Ses sentiments créeront des obstacles à leurs recherches. Il voudra à tout prix protéger la belle de toutes les expériences auxquelles on souhaite la soumettre et de la surexposition médiatique. D’ailleurs, Barjavel commence plusieurs chapitres avec une lettre du docteur à sa bien-aimée. Cela nous permet de rentrer dans la psychologie du personnage et comprendre son dilemme entre l’amour qu’il éprouve et les réponses aux questions scientifiques. On se prend également de pitié pour lui quand on comprend que le coeur de la femme est déjà pris par quelqu’un d’autre…

« Comment auraient-ils pu savoir qu’ils commettaient une erreur tragique, que s’ils avaient choisi, au contraire, de commencer par l’homme tout aurait été différent ? »

Tout au long du récit postérieur à la découverte des deux êtres, une machine permettant de transformer les souvenirs en images permettent de comprendre leur vie et comment ils sont arrivés à être branchés et à survivre pendant 900000 ans. Eléa, la femme, est la seule à avoir été réveillée pour le moment. C’est donc à travers ses souvenirs à elle que nous, lecteurs, découvrons la vérité. Pendant ce temps là, les scientifiques tentent de réveiller l’homme. Néanmoins, ce dernier semble beaucoup plus faible que la femme (il est grièvement brulé pour des raisons inconnues) et le faire reprendre conscience est une mission bien plus compliquée.

Comme je l’écrivais dans mon introduction, quand j’ai commencé le livre, je m’attendais à de la SF comme on la connait: des aliens, l’espace, des vaisseaux sophistiqués… Mais je n’imaginais pas que je lirais une histoire d’amour impossible! Barjavel revisite le mythe de Tristan et Yseult: un amour pur qui sera mis à l’épreuve par un grave événement et qui se finira de manière tragique. L’écriture est fluide et l’auteur sait tenir son lecteur en haleine. D’ailleurs, le twist de fin est super! On ne s’attend pas une seconde à ce qui va arriver!

Honnêtement, j’aime bien les surprises. Comme pour Des Fleurs pour Algernon de Keyes (revue ici), on commence bien un livre SF mais, plus on avance, plus l’auteur insère des éléments inédits pour le genre. Dans les deux cas, Barjavel et Keyes rajoutent des problématiques liées à la profondeur des sentiments humains (la compréhension de soi et de son passé pour Keyes, l’amour et la dévotion infinie pour Barjavel). Par ses lectures, j’ai compris que ce que nous ressentons est une source inépuisable d’intrigues.

Je recommande vivement ce livre, pour tous les amateurs de Science Fiction ou non!

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