Critiques littéraires

Les Morsures de l’Ombre, Karine Giébel

J’avais découvert Karine Giébel grâce au Purgatoire des Innocents. Ce livre, qui m’avait vraiment plu, m’a accroché par sa noirceur, ses rebondissements, la psychologie des différents personnages, et la fin qui « cloue le bec ». Donc, j’avais envie d’en lire un autre de la même auteur et je suis tombé sur Les Morsures de l’Ombre. Je m’y suis donc mis… Et j’aurais mieux fait de passer mon chemin!

Les Morsures de l’Ombre parle d’un policier qui se retrouve enfermé dans une cage, au fond d’une cave sombre, dans une maison isolée dans la campagne. Il n’a aucun souvenir de comment il est arrivé là. Une belle femme, avec qui il comptait passer la nuit, se trouve être son ravisseur. Elle prendra un malin plaisir à le torturer physiquement et psychologiquement… De l’autre côté, au commissariat de Besançon, les policiers sont à la recherche de leur collègue mais éprouvent la plus grande difficulté à trouver une piste…

Comme mon introduction peut le laisser entendre, j’ai été beaucoup moins séduit que le Purgatoire de Innocents… même pas du tout séduit. L’histoire est cousue de fil blanc, j’ai compris toute la machination bien avant la moitié du livre (j’espérais me tromper mais non, j’ai vu juste). Les personnages ne sont pas attachants. Le policier, play boy tombeur de femmes, son épouse, au courant des tromperies du mari mais qui reste à ses côtés, la flic intègre mais avec la rage au ventre… Rien de très original. Et aucun n’est vraiment creusé, donc aucune empathie de la part du lecteur. Juste une exception pour peut-être la ravisseur qui, grâce à son passé, ses blessures, ses problèmes psychologiques, nous émeut (un peu).

On n’est pas embarqués dans le récit, malgré le style dynamique et l’écriture appréciable de Giébel. Heureusement, d’ailleurs, qu’il y a sa façon d’écrire au présent de l’indicatif avec des phrases courtes, et en prenant les points de vue des différents personnages. Cela nous plonge un peu plus dans le rythme du livre… Mais pour un résultat très moyen. On retrouve des thèmes chers à l’auteur, comme la maladie mentale, l’emprisonnement, la soumission psychologique. Mais ces sujets forts ne sauvent pas le roman, malheureusement. La fin est attendue, même si, par procédé stylistique, Karine Giébel intensifie la pression et accélère le rythme du récit. Le dénouement est le plus intéressant et, heureusement qu’il est mieux que le reste car, sinon, la déception aurait été totale! C’est comme quand on mange au restaurant, si les plats sont mauvais, le dessert peut sauver la note finale. La dernière impression est primordiale. Mais, pour cette critique, je dois prendre en compte la totalité du livre et… c’est moyen.

Franchement, passez votre chemin. Les Morsures de l’Ombre est, pour moi, un loupé de l’auteure qui a prouvé à plusieurs reprises son talent pour captiver les lecteurs. Le Purgatoire des Innocents est cent fois mieux et, sans avoir lu les autres, suis certain qu’il y en a d’autres qui valent le coup!

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